La La Land – film cu-culte?

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En voyant la bande-annonce, je me disais que c’était pas pour moi La La Land. Ça avait l’air d’un chiant! Mais bon : 14 nominations aux Oscars, une campagne promo permanente, ça donne envie de se faire son propre avis. 

Techniquement et visuellement, La La Land est sans doute le plus beau film que j’ai pu voir avec Gravity. Les 6 premières minutes forment un plan séquence vertigineux et virevoltant dans les bouchons d’autoroute à L.A, dont aucune coupe, même subtile, n’est visible. Et je peux vous dire que j’avais l’œil. Nan Parce que la chanson sur le thème « youplaboum les bouchons sous le soleil ça donne envie de faire des saltos sur nos bagnoles » qui va avec, merci mais non merci. L’avantage, c’est que je pouvais garder les yeux sur le spectacle et arrêter de suivre les paroles débilos. A moins que le réalisateur Damien Chazelle soit une pieuvre de 40 mètres, il lui était impossible de ne pas couper. Après le film j’ai vérifié : il confirme 2 coupes très très subtiles. Mais putain qu’est ce que c’était beau.

C’est beau mais c’est con

Le deuxième moment chanté sur le thème « trililou moi et mes copines on va faire la bamboula avec les copines tonight lolilol » est de même facture (ici, l’emploi de « bamboula » est à peu près convenable, fdp du Luc Poignant).
Et c’est comme ça que se passe toute la première heure. J’étais comme devant Gravity : une fois l’oeil habitué à l’exploit visuel et concentré sur l’histoire, je me faisais plutôt chier. Les seuls moments appréciables étaient liés au flegme du personnage d’un Ryan Gosling qui déborde de talent, et l’hallucination de le voir jouer sans doublure toutes ses scènes au piano. J’ai lu après coup qu’il a appris le piano en 4 mois alors que moi en 10 ans je ne serais même pas capable de faire l’instru de la Bite À Dudule…(précision importante : celle qui commence par « Coucou c’est moi Monique », pas l’autre qui est beaucoup moins dansante). Salaud. Il y aussi une chanson à coups de claquettes dont les paroles cassent un peu les codes du genre, mais pas de quoi m’emballer.

J’étais tellement pas dedans que j’ai jugé que le meilleur moment pour aller pisser était celui où beau gosse et belle gosse commencent à se rouler des pelles dans un montage musical « pioupioupiou on s’roule des pelles prout prout prout c’est trop bien et la la la », sans aucun regret. Un comble pour un film qui parle d’amour. (Note pour plus tard : never again l’Ice Tea du Paradis du Fruit 30 minutes avant le film).

astuce SPiTONMY : aller pisser à ce moment-là

La deuxième moitié est quand même beaucoup mieux. J’ai profité de mon passage aux toilettes pour faire le point sur ma vie. Et surtout, à partir du moment où les deux se galochent enfin, l’histoire peut enfin passer la seconde. Ca crève pas d’originalité non plus mais c’est toujours aussi magnifique, comme une licorne qui te chie des arc-en-ciel en pleine face. Le film arrive finalement à ramollir ma jauge à aigreur, je m’adapte au genre, je profite du spectacle, et tant pis si le fond est con. J’oublie toute l’overdose de com’ que fait le bouzin pour pécho des Oscars, les grosses âneries de critiques arbitraires qui parlent d’un triomphe absolu, de génie, de meilleur film de l’année (on est juste en putain de février je rappelle). J’oublie aussi le début du film qui ressemblait un peu trop à la perception de quelqu’un qui n’aurait pas dû mélanger alcool et Lexomil. 

des couleurs aussi vives qu’une soirée sous champis

Et puis il y a la beauté de sa fin, totale cette fois (le fond, la forme) qui a énormément contribué à mon avis final. Si je m’étais barré de la salle au moment du pissou (parce que j’y ai pensé quand même), je lui aurais chié sur la tronche sans savoir à côté de quoi je passais, et je serais passé à côté d’un film vraiment sympa.
Vraiment sympa, mais pas non plus le moment de grâce tant décrit. La raison principale est qu’en dépit de personnages supportables (‘fin surtout Ryan Gosling pour le coup), je n’ai jamais frissonné pour leur destin, jamais le cœur qui battait la chamade. Que j’ai trouvé quelques moments tellement niais (le Planétarium, pour les gens qui l’ont vu) qu’ils pouvaient bien se faire écraser par des voitures que ça ne m’aurait pas tiré la larmichette.

– ma religion c’est le jazz, oui 5 fois par jour
– J’ai déjà entendu ça quelque part

Une plus grande culture en comédies musicales d’un autre temps m’aurait peut-être aidé à apprécier La La Land pleinement et voir ainsi dans ce que je pense être des défauts des hommages vibrants à ces œuvres (et c’est sûrement vrai d’ailleurs). Ma comédie musicale préférée restera donc Moulin Rouge, avec des musiques bien plus marquantes et une galerie de personnages secondaires qui rendent le film beaucoup plus riche à mes yeux. Dans La La Land, il n’y a pas de seconds rôles.

Il n’empêche que je suis sorti plus heureux de l’avoir vu que je ne l’étais à l’idée d’y aller, et c’est bien là le principal. Et putain, je viens juste de lire que Damien Chazelle n’a que 32 ans. Autant de maîtrise à cet âge, ça impose le respect.

7 Bien foutu

La La Land est tellement beau qu'il a réussi à me faire oublier son histoire un peu con. Une fois accepté le côté cul-cul complètement assumé, je me suis laissé porter au point de savourer pleinement la fin du film. Il m'a tant diverti que je ne lui en veux pas trop de ne pas m'avoir ému.

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About Author

Ne parle jamais de lui à la troisième personne mais se sent obligé de le faire dans une description. Armé d'une carte UGC, d'une PS4, d'une PSVita, d'un sens de l'humour douteux, tout comme ses goûts. Aime bien ne pas être d'accord, juste pour faire chier

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