Personal Shopper – film perdu cheveux gras

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Je n’arrive pas à quitter un film même quand il semble me chier au visage. « Imagine qu’à la fin tu comprends l’Alpha et l’Oméga! », « Aller t’as fait le plus dur mon grand », « en plus ta meuf s’est déjà barrée de la salle et comme on est 12 dans le ciné, autant dire que si tu ne vois pas la fin, y’a peu de chances pour qu’un de tes potes aille s’infliger ça et te la raconte », « haha tu l’as dans le cul t’es coincé ». Bref je reste.

Parce que Personal Shopper est ce que j’appelle un film de merde. Que quitte à avoir perdu deux heures de ma vie, autant m’en servir pour vous évitez la souffrance de ce moment. Ou si vous êtes courageux malgré tout, de savoir où vous mettez les pieds avec le dernier film d’Assayas. 

J’avais le même regard pendant 2 heures

J’ai lu que ce film était à la croisée des genres. C’est vrai, suffit de lire le synopsis pour le comprendre. Maureen a perdu son frère jumeau et comme elle est médium, elle aimerait bien avoir un signe de lui. Qu’il raconte si l’au-delà existe et si c’est coolos. Médium c’est bien mais ça paie pas les loyers parisiens alors elle est « Personal Shopper ». Elle court de grandes enseignes de luxe en grandes enseignes de luxe pour satisfaire les envies de la personne célèbre dont elle s’occupe (et en même temps faire de la pub, donc financer le film, parce qu’autant faire d’une pierre deux couilles). Avec ses pulls en laine pourris et ses cheveux gras, je me dis que pour la Maureen, le luxe c’est pas son truc. Et c’est pas le mien non plus donc tout baigne. Maureen a donc un deuil à faire, une star à combler et une vie qui semble bien vide et s’engage dans une relation chelou avec un inconnu qui la pousse à braver des interdits. 

Un film de genre à la croisée des genres. Des genres qui ne font pas que se croiser, mais s’entrechoquent brutalement et rendent le comportement de Maureen complètement con, et l’histoire insupportable. Par exemple, un soir elle a une expérience traumatisante en rencontrant un esprit cracra. La partie médium est un peu du sous-Paranormal Activity mais les 4 qui aiment le film parleront de scènes « très Hitchockieeeeenes ». Bref, elle vit un truc qui foutrait n’importe qui en position fœtale pendant 10 jours. Sauf que Maureen n’est pas comme ça puisque dès le lendemain, elle se branlera littéralement, émoustillée de porter une robe dont la valeur dépasse celle de la Grèce, parce qu’elle converse avec un inconnu mystérieux. Enfin, il n’y a que Assayas pour nous penser trop con pour ne pas savoir qui c’est tellement c’est évident. Et moi qui croyait que Maureen s’en branlait du luxe. J’y étais presque.

Ce qui est troublant, c’est que les screenshots que je trouve semblent tous être un hommage aux gens qui se font chier au cinéma

Les échanges de textos parlons-en tiens. UN PUTAIN DE TIERS DU FILM consiste à mater un échange de textos insipides sur un écran d’Iphone. Ça parle de désir et d’interdit, c’est aussi kiffant que la section Granny de Youporn. À côté, la mise en scène des textos et le fond du truc ferait passer 50 Nuances de Grey pour une référence. C’est vous dire la prouesse. Et puis vu le poids du deuil qu’elle semble porter, je vois pas à quel moment elle peut porter de l’attention pour un inconnu par textos. M’enfin. Je suis sûr que certains iront crier que c’est ce qui fait le sel du film, le trouble, ce qui excite et effraie. Mon avis c’est que ça se veut réaliste et que ça ne l’est pas. Ça ne met pas mal à l’aise. Ça fait chier, profondément. C’est aussi con que moi qui ne quitte pas la salle, pensant qu’il peut se passer un truc. 

Et sa relation avec l’Iphone. Ça aussi c’est grandiose. Elle reçoit des textos de « UNKNOWN ». QUI A DEJA RECU UN TEXTO AVEC COMME NUMERO « INCONNU »?!?! C’est complètement con comme truc, c’est pas crédible, même les spams ils ont un numéro. Et puis elle capte tout le temps, elle mate des vidéos en HD dans le RER tranquille alors que moi dans le tram je galère à lire mes mails! Oui je chipote, et dans un bon film je m’en fous de ce genre de trucs. Mais là c’est trop, je ne pardonne rien.

Une meuf sur son smartphone : un bon tiers du film

La fin est ouverte. Totalement ouverte. C’est super pratique parce que ça permet à certains de se questionner sur le sens de la vie, et dans certains cas ça fonctionne du feu de dieu. Sauf qu’après deux heures à suivre une meuf au comportement irrationnel, à voir des choses et des comportements toujours plus stupides, j’ai bien senti que le réalisateur ne savait plus quoi foutre pour lancer le générique. J’ai vu un film d’un mec qui idolâtre tellement Kristen Stewart qu’il a fait un film rien que pour elle. Elle est sur tous les plans. Il filme ses nichons dès qu’il peut parce que l’érotisme chic colle bien avec le monde gerbant du luxe, filme une scène de masturbation dans des draps de soie parce que c’est très 2016 la branlette. Sauf que ça raconte rien. Il y a de belles images mais qui ne servent à rien.

Kristen Stewart est jolie, tu la filmes n’importe comment et ça suffit à rendre l’image séduisante, même avec un iPhone première génération et une lumière de merde. Donc forcément elle est belle dans le film puisque c’est un film à sa gloire, fait par un réalisateur qui ne cherche pas à faire plaisir mais juste à se faire plaisir.

Si vous avez eu la flemme de lire, oui vous verrez ses nichons

Personal Shopper qui arrive à faire moins bien que Paranormal Activity et 50 Nuances de Grey réunis. Je ne suis pas contre ne rien piger à un film et le sentir plus con en sortant de la salle qu’avant d’y rentrer. Chercher des heures la substance d’un film que mon manque de culture n’a pas trouvé. Mais je veux ressentir des trucs moi, et dans Personal Shopper j’ai ressenti que dalle à part l’envie de partir.

Vous voulez un film chelou, troublant, avec une actrice dont le jeu est sublimé par la caméra, par la musique, par son atmosphère? tentez Under The Skin. C’est pas dit que vous aimerez, mais ça vous laissera moins indifférent que cette merde.

1 INUTILE

C'est le film d'un cinéaste qui se branle tellement sur son actrice préférée qu'il ne se rend même pas compte qu'il est en train de chier sur les quelques spectateurs courageux qui ont osé laisser une chance au film. Je suis ravi d'avoir pu prendre quelques minutes pour chier sur ce film à mon tour. Œil pour œil, caca pour caca.

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About Author

Ne parle jamais de lui à la troisième personne mais se sent obligé de le faire dans une description. Armé d'une carte UGC, d'une PS4, d'une PSVita, d'un sens de l'humour douteux, tout comme ses goûts. Aime bien ne pas être d'accord, juste pour faire chier

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