Song To Song – Mon premier et dernier Terrence Malick

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Ce n’est pas parce qu’on aime quelque chose qu’on est un crack pour autant. J’aime bien le cinéma et pourtant je connaissais tellement pas Terrence Malick que je croyais que c’était lui le réal de Mr. Nobody alors que pas du tout (puisque c’est Jean-Marc Vallée. Ou Jean-Michel? Disons JM). Pour ma défense, j’avais le sentiment d’un réalisateur qui fait des films que je comprends pas et/ou qui m’emmerdent. Sans doute l’instinct.

Comme ça faisait longtemps que je n’avais pas foutu les pieds dans un cinéma, j’y suis allé la fleur au fusil. Sur l’affiche : Gosling, Fassbender, Rooney Mara et Natalie Portman. Ça va il y a plus dégueulasse quand même.

Je me méfie quand même de Terrence Malick alors par souci de ne pas revenir sur ma décision de bouger mon gros cul pour mater le bouzin, je me suis bien gardé de mater la bande annonce. Au pire ce ne sont que 2h08, c’est pas la mort non plus.

Et bien si, c’est la mort. C’est une putain de torture du début à la presque fin.

Fassbender et Rooney Mara

Le pitch, de ce que je me souviens, est le suivant : Rooney Mara c’est une musicienne de merde pas connue qui a compris que c’est avec le cul qu’elle avancerait. Alors elle se donne corps et pas âme à la teub de Fassbender, producteur richissime qui traîne en VIP des festivals à rockeurs en cours de momification (Iggy Pop, Les Red Hot), et qui va produire l’album de Gosling, décidement bien décidé à rentabiliser les cours de piano qu’il a pris pour La La Land. Rooney Mara flirte avec Gosling (genre elle découvre un peu le love), Fassbender le sait mais s’en fout jusqu’à ce qu’il ne s’en foute plus et se barre avec Portman qui est serveuse au Pitch Pit. Qu’après, Fassbender il est quand même encore deg et que Rooney Mara elle est en encore un peu arriviste, que Gosling il est dég à son tour, et que Portman elle oh putain même à raconter c’est chiant.

Rooney Mara et Ryan Gosling

Terrence Malick semble s’être épris de documentaires sur les préliminaires amoureux dnun groupe de pigeons tant les acteurs semblent obligés de virevolter les uns autour des autres, aussi bien pour parler que pour baiser. La caméra c’est space-mountain, ça tourne beaucoup en gros plan, en plan large, en focale, en Go Pro… Ça veut sans doute dire plein de trucs mais j’ai pas fait d’études de cinéma alors je m’en branle. Ah ça pour sûr l’image est belle.

Quand elle parle à quelqu’un, le perso de Rooney Mara ne peut pas s’empêcher de se languir contre les murs en caressant les poignées de portes et les serrures. Couplé avec les allures de pigeons qu’ils se donnent j’imagine que Malick veut montrer des oiseaux qui se croient libres mais sont en cage, comme prisonniers des carcans de leur existence que représentent ces murs et *bruit de chasse d’eau*

Natalie Portman et Michael Fassbender

Des dialogues de merde (quand il y en a – je n’arrive pas encore à savoir si c’est un point positif ou pas) des regards et des silences qui en disent long, des voix off insupportables à coups de « les oiseaux (encore eux putain) nous ont dit qu’on s’aimerait pour toujours »…

Y’a aussi un truc avec l’eau puisqu’il y en a tout le temps : piscine, flaques d’eau, de l’eau toujours de l’eau. J’ai jamais compris pourquoi et à vrai dire je m’en fous.

M’en foutais de l’omniprésence de la flotte car chaque fin de scène j’avais l’espoir de voir un flacon de parfum et un slogan de merde, pour me rendre compte que ça faisait tellement longtemps que je n’étais pas allé au ciné que j’avais confondu une pub avec le film que je voulais voir.

Michael Portman et Nathalie Gosling

J’étais en train de penser à toutes les choses tellement mieux que j’aurais pu faire au lieu d’être coincé là : faire une machine, faire la vaisselle, ramasser la merde des chats…

Et au bout d’1h35 à regarder cette gigantesque parade amoureuse à 4 (puis 5) pour pigeons, la revelation : contrairement à cette petite bande, je ne suis pas prisonnier mon existence, et encore moins de cette merde. Je pose mon ultimatum : SI J’EN PRENDS ENCORE UN OU UNE QUI SE FROTTE SUR UN MUR J’EN AI RIEN À FOUTRE, J’ME CASSE.

1h37, Rooney Mara se frotte à un mur.

1h38, je me casse.

Croyez-le ou non, c’était la première fois que je quittais un film avant la fin. Et bien le soulagement provoqué par la descente des marches, accompagné d’un discret mais audible « nan mais quelle merde ce film » est le plus beau sentiment que j’ai eu en sortant d’une séance.

Sincèrement, se poser à mater les pigeons qui essaient de s’accoupler est beaucoup plus émouvant que ce film, avec l’avantage de ne pas vous casser les couilles avec leurs états d’âme.

Brochette de volaille

À voir si :

– voir Charlize Theron marcher sur l’eau et Lily Rose Depp mimer une scène de la révolution pour vendre des parfums qui puent vous donnent des frissons tellement c’est beau.

– quelqu’un que vous n’aimez pas vous propose un ciné. Vous vous installez avant de partir au bout de 20 minutes.

À ne pas voir si :

– vous n’arrivez pas à lire une critique qui dit du bien du film jusqu’au bout. Je vous conseille Sens Critique qui fourmille de péteux qui ne manqueront pas de rendre l’exercice hardcore à coups de citations de Rabelais, de théories freudiennes et Jungiennes. Du caviar.

– Si vous aimez les films qui ont du sens.

0 Grosse merde

Parti avant la fin. Film vide sur le vide pour cinéphiles élitistes qui trouveront du sens là où personne n'en voit pour briller en société.

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Ne parle jamais de lui à la troisième personne mais se sent obligé de le faire dans une description. Armé d'une carte UGC, d'une PS4, d'une PSVita, d'un sens de l'humour douteux, tout comme ses goûts. Aime bien ne pas être d'accord, juste pour faire chier

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